
Cette rencontre à laquelle nous avons souhaité vous convier avec le Conseil d’administration et tout le personnel de notre fédération à l’occasion de son centenaire s’articule autour de trois temps symboliques qui témoignent des grands axes d’actions de notre réseau associatif :
1. veiller,
2. connaitre, préserver, gérer
3. développer l’offre pêche et transmettre nos valeurs. Chacun d’eux sera l’occasion d’une rapide rétrospective mais aussi d’une projection vers l’avenir qui passe, j’en suis convaincu, par le renforcement de nos partenariats. Comme nous sommes au cœur de la vallée de l’ARVE, pour terminer la matinée, nous profiterons de l’occasion pour inaugurer le bateau faucardeur des AAPPMA du Faucigny et du Chablais-Genevois. D’ici là vous en aurez compris la symbolique.
Nous vous invitons tous ensuite de bon cœur à partager un apéritif dînatoire.
Et enfin, pour ceux qui le souhaitent, à une petite partie de pêche cet après-midi.
Nous y avons convié les enfants de nos Ateliers Pêche Nature qui pourront ainsi apprendre de leurs ainés et d’une championne de pêche à la mouche savoyarde : Julie QUILLARD qui a terminé deuxième cette année aux championnats du monde, excusez du peu… Là encore, tout un symbole à l’heure où amener plus de femmes à la pêche et renforcer son attrait pour les jeunes par la compétition, même si la pêche n’est pas encore discipline olympique, sont des pistes que nous explorons sérieusement pour conserver la vigueur de notre réseau associatif.
PREMIER TEMPS
Le pêcheur « sentinelle»
Convention d’échange Fédération de Pêche / Gendarmerie Nationale
C’est l’occasion d’un clin d’œil à notre genèse.
Notre fédération est née en 1924.
Déjà à l’époque, fait singulier par rapport aux autres départements, les sociétés de pêche et de piscicultures communales ou cantonales, avaient éprouvé le besoin de se fédérer en trois grosses entités correspondant au Chablais-Genevois, au Faucigny et à la région d’Annecy : les ancêtres de nos AAPPMA rivières actuelles.
Avec les sociétés des deux grands lacs domaniaux : le lac Léman et le lac d’Annecy, elles se sont accordées pour constituer une fédération départementale pour pouvoir bénéficier d’une subvention de l’Etat, gagée sur le produit des jeux, et constituer, avec la fédération départementale des chasseurs, née la même année pour la même raison, une brigade départementale de gardes pour lutter contre le braconnage chasse-pêche en renfort des agents de l’Etat.
Suite à une loi de 1941, qui a institutionnalisé la pêche et est notamment à l’origine de la création du Conseil Supérieur de la Pêche, une partie des gardes a été rattaché à cet établissement qui est rapidement devenu établissement public. Les brigades départementales de gardes pêche du CSP sont toutefois restées affectées auprès des fédérations qui en assuraient la charge financière.
Avec la fonctionnarisation des gardes, à partir de la fin des années 1990, ces brigades ont été progressivement détachées des fédérations pour venir constituer les rangs de services départementaux de l’Office National de l’Eau et des Milieux Aquatiques créé par la loi sur l’eau de 2006. Après être passées par l’Agence Française de la biodiversité, elles sont de nouveau regroupées avec celles de l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage pour constituer l’Office Français de la Biodiversité que nous connaissons aujourd’hui.
Les missions confiées à cet organisme sont très larges, les priorités nombreuses. La police de l’hameçon n’en fait pas toujours partie. Nous pouvons le comprendre mais certains en profitent au bord de l’eau ….
L’histoire est un éternel recommencement ! Il nous faut réinventer les moyens de faire face.
Nous sommes confrontés aujourd’hui à une recrudescence des infractions à la police de la pêche et des actes de braconnage en raison d’une plus grande vulnérabilité des peuplements piscicoles, malmenés par les effets des changements climatiques.
Côté structures associatives de la pêche de loisir, nous pouvons compter sur le dévouement de nos gardes particuliers à qui je tiens à rendre hommage aujourd’hui. Ils connaissent parfaitement le terrain et s’appuient sur les milliers de paires d’yeux des pêcheurs, véritables sentinelles des rivières, mais ils sont parfois démunis face à certaines situations difficiles, notamment la nuit ou face à des bandes organisées.
Les échanges renforcés en matière d’information, de formation, d’appui que prévoit cette convention avec la gendarmerie nationale sont pour moi un des moyens pour faire face et nous nous en félicitons vraiment.
DEUXIÈME TEMPS
Le pêcheur « expert »
Conventions d’échanges Fédération de Pêche / Syndicat Mixte d’Aménagement du Chéran / Syndicat Intercommunal d’Aménagement du Chablais
Les syndicats de rivières et leurs prérogatives sont le fruit des évolutions législatives qui sont intervenues depuis la loi sur l’eau de 1964, à l’origine de la notion de bassins versants et de la création des agences de l’eau.
Ces différentes lois, de même que la loi pêche de 1984, ont également fortement impacté les orientations de notre réseau associatif.

Pour faire simple, pendant les soixante premières années du siècle écoulé, nos efforts en matière de gestion étaient dirigés vers des empoissonnements massifs, partant du principe, admis par tous alors, que « plus on en met plus y en a ». De nombreuses piscicultures ont été créées dans notre département par nos sociétés de « pêche et de pisciculture » et notre fédération de « pêche et de pisciculture » s’est occupée de centraliser de grosses commandes d’œufs de diverses espèces de poissons, de nombreuses origines. Cette orientation s’est infléchit à partir de 1983 lorsque la Haute-Savoie a été l’un des deux départements retenus par le ministère pour tester une des dispositions importantes de la loi pêche de 1984 : les Schémas Départementaux à Vocation Piscicole.
Ce cadre légal, qui perdure aujourd’hui avec le Plan Départemental de Protection des milieux aquatiques et de Gestion piscicole (PDPG), les progrès des connaissances scientifiques, l’agrément au titre de la protection de la Nature, les atteintes aux milieux aquatiques ont conduit notre Fédération, devenue au début des années 90 « Fédération de Pêche et de Protection des Milieux Aquatiques », a constituer une équipe conséquente d’hydrobiologistes, récemment renforcée par une juriste de l’environnement.
La gestion piscicole, avalisée par l’Etat, repose désormais sur une solide connaissance des milieux aquatiques et des peuplements de poissons. Ces connaissances peuvent également contribuer à guider les interventions en faveur de la restauration des milieux aquatiques et à réduire l’impact des différents usages anthropiques auxquels ils doivent répondre.
Nous sommes de bon conseil même si parfois il faut le faire valoir avec un peu d’insistance judiciaire…..Merci pour votre aide Maître PANTEL.
J’adresse aussi bien sûr un grand merci à l’équipe de la fédération mais également à tous les bénévoles qui sont à nos côtés sur le terrain pour asseoir cette capacité d’expertise.
Dans ce contexte la mutualisation des connaissances et des moyens pour les acquérir avec les syndicats de rivières, et plus largement avec les collectivités en charge de la GEMAPI, fait sens et participe de l’intérêt général. Je vous remercie tous de votre présence qui témoigne de votre intérêt. Nous nous devons de renforcer encore les échanges entre nos équipes.
Nous avons déjà une convention d’échange de données avec le SM3A, le SILA, le SYR’USSES et je me réjouis vraiment aujourd’hui de ces conventions avec le SMIAC et le SIAC.
TROISIÈME TEMPS
Le pêcheur « porteur de passion et de valeurs »
Remise de la canne du centenaire
Pour lever d’emblée toute ambigüité, je précise qu’il s’agit d’une canne à pêche car nous n’avons malheureusement pas d’adhérent encore en exercice à cet âge vénérable ; tout au plus 13 pêcheurs de plus de 90 ans dont une dame de 93 ans qui a toujours la pêche !
Par la remise de cette canne, conçue spécialement pour cet anniversaire, nous voulons témoigner des efforts que nous faisons pour que notre passion puisse perdurer et pour développer l’offre pêche, l’aménagement du lac aux castors en est un exemple. Il nous importe également de transmettre nos valeurs de respect des milieux aquatiques aux jeunes.
Comme je le dis souvent, amener un jeune à la pêche c’est en faire le meilleur ambassadeur de l’eau de demain. Nous avons pris conscience plus récemment de cette nécessité en recrutant un animateur au côté de notre chargée de communication. Je voudrais les remercier l’un et l’autre pour leur travail ; de même que tous les bénévoles qui portent les Ateliers Pêche Nature du département. Cette canne nous allons donc l’offrir à Donovan est le centième jeune pêcheur mineur
à qui nous avons délivré une carte de pêche en 2024. Le hasard faisant bien les choses, il habite Saint-Pierre en Faucigny !
Le hasard fait même vraiment très bien les choses car Donovan a pu bénéficier du PASS REGION, soit trente euros de remise, pour acquérir sa carte de pêche.
Monsieur le Vice-président MEUNIER, vous nous direz peut-être quelques mots de ce dispositif mais c’est l’occasion pour moi de remercier tous nos partenaires financiers : notamment l’Agence de l’eau, la Région et bien sûr, le Département.
Les plans pêche régionaux et départementaux sont, entre autres soutiens, de formidables catalyseurs d’énergie. Riches de notre longue expérience, ils nous permettent de préparer l’avenir avec enthousiasme.
Beaucoup des actions que nous conduisons aujourd’hui leurs sont redevables et nous vous en sommes extrêmement reconnaissants Monsieur le Vice-président MEUNIER et Monsieur le Président SADDIER. L’inauguration du bateau faucardeur acquis par l’AAPPMA du Faucigny, à laquelle nous allons procéder dans quelques instants, en témoigne. Cette acquisition a bénéficié d’une aide du Département dans le cadre du Plan Pêche. Monsieur le Président SADDIER et mon camarade Franck MAR-GAS, Président de l’AAPPMA du Faucigny, nous en dirons plus….
Pour ceux qui sont intéressés, vous pourrez aussi consulter les pages de notre histoire qui sont affichées sous forme de roll-up. Merci à l’Agence FELIX pour son aide dans leur réalisation et l’organisation de cette journée.
Je voudrais terminer quant à moi en soulignant qu’au cours de cette matinée, au travers de l’évocation de notre passé et de ce que nous sommes devenus, nous avons souhaité faire valoir le rôle du pêcheur sentinelle des rivières, du pêcheur connaisseur des rivières et du pêcheur porteur de valeurs d’avenir.
Pour toutes ces raisons, je pense qu’il faut retenir que LA PÊCHE EST AUJOURD’HUI PLUS QUE JAMAIS UN ATOUT POUR LES MILIEUX AQUATIQUES.
Fort de cette conviction, je vous remercie tous une nouvelle fois pour votre présence, nos collaborations (auxquelles je crois beaucoup) et vos soutiens actuels et à venir.
