La situation de la pisciculture de Rives à Thonon

d’après le rapport du Conseil d’Administration de l’APERA, Dominique MODAFFARI, Trésorier de l’APALLF

L’établissement domanial de pisciculture de Thonon a été aménagé sur le site de Rives en 1885 par le Service des Ponts et Chaussées.

En 1989 est créée l’association pour la mise en valeur piscicole des plans d’eaux en Rhône-Alpes (APERA), déclarée selon la loi de 1901. Ses membres sont des associations agréées de pêcheurs amateurs et professionnels. L’Association APERA, gestionnaire actuel de la pisciculture, assure le fonctionnement de ces équipements où sont produits chaque année des millions d’alevins de féras, ombles chevaliers et truites lacustres destinés à soutenir les stocks piscicoles du lac Léman et du lac du Bourget.

De 1989 à 1993, avec l’appui du ministère de l’Agriculture et de la Région Rhône-Alpes, l’association réunit les financements nécessaires à la modernisation de la pisciculture.

Après 1993, en collaboration avec la direction départementale de l’agriculture et de la forêt, elle contribue à la mobilisation des moyens humains, matériels et financiers nécessaires au fonctionnement de l’établissement.

En 1997, l’APERA accepte de devenir opérateur financier pour la pisciculture de Rives, dans le cadre d’une convention tripartite avec l’Etat et le Conseil Supérieur de la Pêche et reprend notamment le personnel de la pisciculture de Rives.

Depuis 2010, L’APERA est gestionnaire de la pisciculture domaniale de Rives (propriété du ministère de l’Écologie) dans le cadre d’une convention d’occupation du domaine public. Dans ce cadre, elle doit remplir les obligations de déversement d’alevins. Chaque année des millions d’alevins de féras, ombles chevaliers et truites lacustres destinés à soutenir les stocks piscicoles du lac Léman et du lac du Bourget sont déversés.

 

L’avenir de la pisciculture de Rives plus que jamais remis en cause : « On n’a pas de vue à long terme »

L’Etat n’ayant pas vocation à faire de la pisciculture, et bien qu’il l’a fait durant des décennies… La pisciculture de Rives doit affronter de nombreuses interrogations quant à son avenir. Les responsables de l’association pour la mise en valeur piscicole des plans d’eau en Rhône-Alpes (Apera) ont fait part de leur plus vive inquiétude.

  1. PERDRIZET (Président de l’APERA) rappelle son engagement, pris auprès de Mme. Sabine OPPILLIART ancienne Sous-Préfète de Thonon Les Bains, lors de notre dernière AG, il restera président de l’association pendant les deux ans qui viennent, soit 2026 et 2027, afin d’assurer la transition et sous certaines conditions.

Depuis il a rencontré M. HOU directeur de la DDT de Haute Savoie. Accompagné de  Melle. CHANCELIER Marie recrutée par la DDT 74 au poste de Cheffe de Projet de la Pisciculture de Rives.

Lors du dernier Conseil d’Administration, Christophe Perdrizet) précise que l’ordre du jour de ce CA est très large car selon l’attitude des autorités Françaises, il envisageait devoir proposer la dissolution de l’association. Or M. Jean François HOU a tenu ses engagements, nous avons eu une réunion le 27/10 avec JF HOU et MC (Melle. Marie CHANCELIER) à la pisciculture et une visio conférence le 06/11 avec également M. Damien

ASSADET DDT 74, la dissolution n’est donc pas d’actualité à ce jour. Les points principaux traités étaient :

1-Simplification financière : budget de fonctionnement et subvention annuelle OFB.

Actuellement L’OFB s’est engagée au versement d’une subvention annuelle plafonnée à 195’000 Euros (montant de la subvention 2025) pour 2026 et 2027.

2-Engagement Français, puisque de leur côté les Suisses (canton de Genève) se sont engagés officiellement sur 1.5 million d’Euros exclusivement sur le site de Rives. Les cantons de Vaud et Valais pourraient aussi participer, ainsi que la FIPAL (Fédération Internationale des Pêcheurs Amateurs du

Léman). L’Etat Français se désengageant, à lui donc de trouver une solution pour la pérennité de la

pisciculture. JFH nous a assuré qu’une réunion des financeurs Français se tiendrai au plus tard mi-

décembre, avec autour de la table : la Compagnie Nationale du Rhône, la Région, le Département,

Thonon Agglo et les Communes du littoral Français.

Soit : les collectivités locales Françaises pour que l’on puisse acter, à la fois leur principe de

participation, leur contribution et leur intention aussi sur le type de réhabilitation. L’A.P.E.R.A sera

présente bien sûr. Il fallait que les choses avancent, il y a une échéance en fin d’année, nous voulions

vous sécuriser sur l’avenant de la Convention portant Concession de Service Publique y compris sur les conditions financières, nous y reviendrons.

  1. Ch. Perdrizet rappelle que les premiers à avoir marqué leur intérêt pour la pisciculture sont nos Conseillers Départementaux : Mme. Patricia MAHUT et M. Richard BAUD. C’est eux qui nous ont mis en relation avec le Sous-Préfet de l’époque M. Emmanuel COQUAND et qui ont actionnés certains leviers politiques.

Au sujet du budget de fonctionnement de l’association, CP nous informe que l’AIPPLA a acté par courrier sa volonté d’interrompre sa contribution pour 2027, (comme si les agriculteurs ne voulaient plus ensemencer leurs champs (+-1200€/an/pécheur- pro!) il devient donc difficile d’établir un budget 2027.

L’OFB s’est engagé auprès de Mme. La Préfète pour les financements 2026 et 2027 sur un montant plafonné à la hauteur de leur participation 2025 soit environ 195’000 Euros et M. HOU , directeur de la DDT, nous assure un complément de financement de 40’000 Euros pour 2026 et 2027 du Ministère de la Transition Ecologique.

En ce qui concerne l’avenant à la CSP (l’acte par lequel une autorité publique charge expressément une autorité qui lui est subordonnée d’agir en son nom), il s’agit d’une prolongation de la CSP en version simplifiée. Ch. Perdrizet rappelle qu’en aucun cas l’A.P.E.R. A n’assurera les charges incombant au propriétaire en cas de souci tant à la production que sur le bâtiment administratif. Il faudra donc savoir qui prend le financement en cas de problème, y compris en cas de baisse de chiffre d’affaires. Il est donc nécessaire d’avancer sur la gouvernance rapidement, d’autant que les Suisses attendent une réponse principalement sur ce sujet.

  1. Hou (DDT): Pour revenir sur l’enjeu 2026, le modèle économique repose sur le comité des financeurs Français, nous avons obtenu un budget de financement pour lancer une étude sur les différents scénarios de réhabilitation, l’A.P.E.R. A a déjà effectuée une étude très complète sur un projet de réhabilitation globale mais nous considérons que si l’on veut avoir la vision globale des différents partenaires et des collectivités locales, il faut poser les différents scénarios possibles.

Melle. CHANCELIER Marie (Chargée de projet) a repéré 3 scénarios possibles :

  1. Réhabilitation du site actuel de Rives,
  2. Regroupement INRAe et Rives,
  3. Terrain proposé par le maire de Thonon M. ARMINJON.

Nous ne pouvons pas mettre de coté tout de suite ces solutions. M. Richard BAUD , pour qui la pisciculture fait partie de notre patrimoine historique Thononais s’insurge contre la délocalisation de la Pisciculture comme le souhaiterai M. ARMINJON.

Ch. Perdrizet rappelle que les Suisses ne financeront que sur la continuité de la pisciculture sur le site de Rives.

La chargée de projet précise que 3 sous scénarios sont possibles sur le site de Rives :

  1. une nouvelle canalisation (étude faite par l’association),
  2. un nouveau forage profond
  3. une réhabilitation de la conduite existante avec un système de refroidissement de l’eau.

Il s’agit donc de présenter aux futurs financeurs des scénarios différents chiffrés, à partir de quoi ils décideront.

Un premier comité des financeurs est donc prévu avant le 15 décembre, un deuxième suivra dans les six mois (vers Mai 2026) avec les résultats de l’étude.

  1. Michaël DUMAZ et M. Alexis TITE s’interrogent sur l’objet de production de la pisciculture, alevinage associé à une production commerciale qui finance en partie l’alevinage, comme actuellement ou exclusivement alevinage ? A réfléchir pour le cahier des charges de l’étude à venir.
  2. Perdrizet rappelle que cette question est primordiale, l’alevinage est notre vocation et reste prioritaire, mais nous pourrions aussi aleviner pour d’autres lacs que ceux de Rhône Alpes, d’autant que nous avons les clients potentiels (auparavant nous fournissions 18 lacs en alevins de Corégones).
  3. Dominique MODAFFARI nous rappelle que nous pourrions aussi bénéficier d’investissements Européens ou de certaines Fondations Suisses ou Françaises.

Christophe Perdrizet (CP) précise que pour le moment nous connaissons parfaitement les financements Suisses, mais n’avons aucune certitude côté Français, les éventuels financeurs Français sont identifiés mais non définis.

La DDT 74 prépare le terrain en rencontrant préalablement les acteurs locaux.

Les Suisses ne pouvant pas légalement investir dans une association Française, une des solutions est une Régie d’Etat (comme le CEVA par exemple ou la CGN). CP le rappelle, si nous voulons que les états Français et Suisse soient participatifs financièrement y compris pour le fonctionnement futur de Rives.

  1. HOU (DDT) annonce que dans les deux ans nous aurons un maître d’œuvre, un scénario choisit pour la gouvernance et la réhabilitation, et les travaux auront commencés. Il propose un suivi quasi hebdomadaire visio, téléphone, présentiel ou mail.

L’APERA rappelle l’urgence de la situation, nous fleurtons régulièrement avec la panne totale, nous avons eu plusieurs incidents graves, pouvant amener jusqu’à une perte totale de la production en quelques instants.